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A l'ONU, LE PRESIDENT TOUADERA DEMANDE LA LEVEE TOTALE DE L'EMBARGO SUR LES ARMES ET SUR LES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES

 

(New-York le 25 septembre 2019) le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA a fait sa déclaration à 13 Heures (19 Heures de Bangui) devant la tribune des Nations Unies à New-York. Sans surprise le Numéro Un centrafricain a exprimé le vœu pieux de tous les centrafricains sur la levée totale de l'embargo qui pèse sur les armes et les Forces Armées Centrafricaine. Pour le Président TOUADERA, la levée partielle de l'embargo sur les armes est certes une avancée, mais il n'en demeure pas moins qu'elle reste injustifiée au regard rapport soumis par le gouvernement aux Nations Unies. "En effet, le rapport à mi-parcours du 15 juin 2019 soumis par mon Gouvernement démontre que les conditionnalités fixées par le Comité des sanctions ont été remplies, en plus des progrès significatifs dans le processus de réforme des secteurs de défense et de sécurité" a déclaré le Président TOUADERA.


Voici le texte du discours prononcé à cette occasion:

 

 

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ÉTAT PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA

A L’OCCASION DE LA 74ème SESSION ORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES

 

NEW YORK, 25 SEPTEMBRE 2019

 


- Monsieur le Président de la 74ème Session Ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies ;
- Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs D’État et de Gouvernement ;
- Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies ;
- Distingués délégués ;
- Mesdames et Messieurs,

En retrouvant la grande famille de la communauté internationale pour la 74ème Session Ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies, je commence par vous adresser, Monsieur le Président, Professeur TIJJANI MUHAMMAD-BANDE, mes vives et chaleureuses félicitations pour votre brillante élection à la présidence de nos travaux.

Votre élection est le symbole d’un honneur et d’un hommage mérités, rendus à l’ensemble du continent africain et singulièrement à la République Fédérale du Nigeria, votre pays.

Je reste convaincu que votre parfaite connaissance de la scène internationale, ainsi que vos grandes qualités personnelles, constituent un atout et un gage du succès de nos travaux.

Je tiens par la même occasion, à saluer la qualité du travail abattu et les résultats obtenus par Madame Maria Fernanda Espinosa Garcès au cours de la 73ème Session écoulée. Qu’elle reçoive ici tous nos témoignages de reconnaissance et de satisfaction.

Qu’il me soit aussi permis de réitérer toute ma gratitude et notre confiance à l’endroit de Monsieur Antonio GUTTERES, Secrétaire Général des Nations Unies, pour son engagement soutenu en faveur de la paix et du développement dans le monde, et surtout pour les appuis constants et multiformes en faveur de la République Centrafricaine.

Monsieur le Président,

Cette 74ème Session se tient dans un contexte particulier au moment où le monde fait face à des menaces pour la paix et la sécurité internationale, le terrorisme, la pauvreté, les changements climatiques ou encore le phénomène de migration.

Je viens donc partager avec vous, les préoccupations et la contribution de mon pays, autour du thème « Dynamiser les efforts multilatéraux pour l’éradication de la pauvreté, l’éducation de qualité, l’action contre le changement climatique et l’inclusion ».

La pertinence de ce thème n’a d’égal que les défis auxquels le monde est actuellement confronté.

Le mouvement de globalisation a nourri chez les peuples du monde, ce rêve commun de voir la terre devenir un vrai village planétaire. Mais hélas, nous n’avons jamais vu autant de murs et de barrières se dresser.

C’est à l’ère de la mondialisation que nous sommes soumis aux périls des nationalismes et du repli identitaire. Le rejet de l’autre et les extrémismes s’expriment de plus en plus violemment.

Il va donc sans dire que de pareilles occasions nous offrent un temps d’introspection individuelle et de partage pour que collectivement, nous relevions le défi de bâtir les ponts de la fraternité et de la paix qui ignorent les frontières.

C’est dans un sursaut collectif de mutualisation de nos efforts que nous viendrons à bout des divers foyers de tensions et de crises qui persistent dans le monde. Aucun pays, aucune Nation, n’est à l’abri des menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’humanité.

Le challenge qui nous est posé en tant que leaders, c’est d’avoir le courage d’oser. Oser nous remettre en question pour sortir des solutions novatrices, efficaces et efficientes afin de consolider la paix, la stabilité et créer des bases solides d’un développement durable.

Plusieurs de nos pays dont le mien, connaissent une situation sécuritaire qui demeure une source de préoccupation, et mérite toute l’attention de la Communauté Internationale.

Nous devons donc garder à l’esprit que tant qu’un seul de nos Etats membres n’aura pas la paix, c’est l’ensemble de la communauté des Nations qui sera concerné.

La situation au Moyen-Orient interpelle au plus haut point en termes de sécurité internationale. Nous maintenons notre appel à la résolution pacifique, juste et équitable du conflit israélo-palestinien, fondée sur la solution des deux Etats, vivant en parfaite symbiose et en harmonie à l’intérieur des frontières sures et reconnues.

En même temps, nous exhortons l’ensemble de la Communauté Internationale à s’investir dans la recherche d’une paix véritable, dans le respect du droit international en faveur de la Syrie, de l’Irak et du Yémen.

En Afrique, l’état des lieux laisse constater que la prolifération des armes légères et de petit calibre, constitue une menace réelle pour la paix et la sécurité.

Plus que jamais, nos Etats sont appelés à conjuguer leurs efforts et à mutualiser leurs moyens, essentiellement dans les domaines du renseignement, de la prévention et de l’alerte précoce.

L’exemple du Sommet conjoint CEDEAO – CEEAC à Lomé en juillet 2018 doit inspirer des actions davantage concertées et coordonnées au moment où la circulation des armes légères et de petit calibre défie les frontières nationales.

Il en résulte des situations d’insécurité qui nous rappellent que la mise en œuvre effective du Traité sur le commerce des armes réduirait sensiblement cette menace qui pèse sur notre continent.

A cet égard, la République Centrafricaine appuie fermement les actions entreprises par notre Organisation sous la conduite du Conseil de Sécurité en vue de parvenir à un désarmement général et complet de notre planète tant pour les armes de destruction massive que pour les armes classiques.

Monsieur le Président,

Si le développement exige un minimum de paix, il est tout aussi vrai que la paix ne saurait prospérer dans les ilots de misère et de précarité qui offrent un visage affligeant au monde.

Au-delà des paroles qui confirment nos bonnes intentions, impulsons ensemble une dynamique vertueuse d’éradication de la pauvreté par des actions concrètes et fortes.

Ces actions doivent nous aider à imaginer des formules idoines de protection sociale pour tous. Ces actions doivent contribuer à générer des richesses dont la répartition équitable dans le sens du minimum vital commun, compte parmi les facteurs évitant des conflits.

C’est à ce titre que, s’inscrivant en droite ligne des aspirations profondes de mon peuple, j’ai engagé mon Gouvernement à élaborer le Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix en Centrafrique, qui prend en compte les grandes orientations du Programme de Développement Durable à l’horizon 2030 ainsi que celle de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

Les challenges liés à la transformation du monde et de nos pays requièrent que nos populations aient les outils nécessaires leur permettant de rester des acteurs bien actifs dans un monde en permanente mutation.

Pour ce faire, dans le sillage de la reconstruction nationale, mon pays veut miser sur une éducation qui allie la qualité à la rationalisation des ressources.

Investir sur l’apprenant mais aussi sur l’enseignant, c’est notre pari. Et dans mon pays en sortie de crise, tous nos efforts sont à orienter vers les opportunités qu’offrent les nouvelles technologies.

En outre, nous souhaitons que soit ouverte une discussion à l’échelle internationale sur l’Education afin de sortir d’un certain nombre de pièges tels que les programmes d’éducation pour tous qui finissent par être de simples séances d’alphabétisation, lorsque les moyens ne suivent pas pour supporter une éducation de qualité.

Une éducation de qualité est cet instrument qui doit servir de socle à un développement plus durable et plus harmonieux tout en constituant un solide rempart contre les extrémismes de toute nature.

Monsieur le Président,

Si nous louons les progrès accomplis ces dernières années en termes de développement de nos pays, même s’il reste inégal, nous devons nous interroger profondément sur l’action de l’homme sur son environnement.

L’exploitation abusive des ressources naturelles est une des causes des changements climatiques qui perturbent et hypothèquent sérieusement l’avenir de l’humanité.

Même si la Républicaine Centrafricaine est loin d’avoir le statut de grand pollueur, elle est solidaire de l’action internationale menée pour préserver la planète. C’est notre responsabilité historique !

Avec instance, j’en appelle à la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris et à sa ratification par tous les Etats-parties. Ainsi, nous fondons l’espoir de voir sensiblement réduit le taux de carbone par les pays développés et la tenue des engagements financiers s’agissant des crédits carbones, afin de renforcer la résilience des pays en développement contre les catastrophes climatiques.

Sans inventer de nouvelles actions, notre responsabilité collective est de mettre en œuvre tous nos engagements, notamment les résolutions issues de la COP24 ainsi que les recommandations émises à la Conférence d’Addis-Abeba pour le financement du développement durable qui nous avait permis de réitérer notre appui à la réalisation du Programme de Développement Durable.

Monsieur le Président,

De tout ce qui précède, il apparaît clairement que la conjugaison des efforts des Etats membres de notre Organisation, dans le cadre d’une action multilatérale, est la clé de voûte du succès de notre idéal commun d’un monde plus juste, plus équilibré, plus sûr pour tous et pour chacun.

J’en veux pour preuve la mobilisation de la solidarité internationale qui a permis à mon pays d’ouvrir une nouvelle page de son histoire, grâce à la signature, sous l’égide de l’Union Africaine, de l’Accord Politique pour la paix et la réconciliation entre mon Gouvernement et les 14 groupes armés, le 6 février 2019.

Aujourd’hui, nous sommes mobilisés pour la mise en œuvre de cet Accord avec l’appui des garants (Union Africaine et CEAAC) et des Facilitateurs, au premier rang desquels figurent les Nations Unies à travers la MINUSCA.

En bénéficiant de l’appui de tous nos partenaires de la sous-région et du monde entier, nous enregistrons des progrès, certes modestes mais sûrs, au sujet de l’extension de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, des réformes dans les secteurs de la sécurité et de la défense, lesquelles faciliteront le redéploiement progressif des Forces de défense et de sécurité ainsi que la poursuite du programme national du DDRR déjà amorcé.

Aussi, nous nous félicitons du lancement des programmes de développement récemment effectués pour démontrer que les premiers dividendes de la paix sont une réalité.

Monsieur le Président,

Sans nier notre satisfaction face à l’élan singulier donné à la dynamique de paix par la signature de cet Accord, beaucoup restent à faire.

La situation de mon pays demeure fragile malgré quelques avancées réelles. Les groupes armés continuent à s’approvisionner en matériels de guerre et en munitions par des voies illicites se rendant coupables des violations massives et répétées du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

Mais, comme vous le savez, les forces légales et légitimes de la RCA sont les seules à être frappées d’embargo, privant ainsi l’Etat des moyens de remplir sa mission de protection des citoyens et du territoire.

Allant dans le sens du Gouvernement centrafricain, les Etats membres du Comité Consultatif Permanent des Nations-Unies, chargés des Questions de Sécurité en Afrique Centrale, ont soutenu l’appel à la levée de cet embargo lors de la 48ème réunion ministérielle de mai 2019 à Kinshasa.

Aujourd’hui, je salue le vote unanime du Conseil de Sécurité de la Résolution 2488 (2019) qui a permis d’alléger l’embargo sur les armes en faveur de nos forces de défense et de sécurité.

Toutefois, je réitère solennellement la demande du Gouvernement et aspiration légitime du Peuple centrafricain en faveur d’une levée totale de cet embargo pour permettre à l’Etat d’étendre son autorité sur l’ensemble du territoire national, en vue de la protection des populations civiles.

En effet, le rapport à mi-parcours du 15 juin 2019 soumis par mon Gouvernement démontre que les conditionnalités fixées par le Comité des sanctions ont été remplies, en plus des progrès significatifs dans le processus de réforme des secteurs de défense et de sécurité.

Monsieur le Président,

Pour venir à bout de la crise qui a secoué mon pays, et dans la droite ligne du thème de notre session, j’en appelle à une action multilatérale dynamique, concertée, cohérente et coordonnée.

Je fonde l’espoir que la Communauté Internationale restera mobilisée aux côtés du peuple et du Gouvernement centrafricains, et continuera à les appuyer pour le relèvement de mon pays.

Plein succès à nos travaux !

Vive la coopération et la solidarité internationales !

Je vous remercie

 

1 commentaire

LE PRESIDENT TOUADERA A RAISON DE DEMANDER LA LEVEE TOTALE DE L'EMBARGO SUR LES ARMES A L'ONU. RESTE A SAVOIR SI CETTE DEMANDE SERA AUDIBLE. DANS UN PAYS, LORSQUE L'ARMEE NATIONALE EST SANS ARMES, CELA VEUT DIRE QUE LE PEUPLE EST LIVRE A LUI MÊME ET LES RESSOURCES DU PAYS SONT SACRIFIEES A TOUT-VENANT NOTAMMENT A DES EUPLE EST LIVRE A LUI MÊME ET LES RESSOURCES DU PAYS SONT SACRIFIEES A TOUT-VENANT NOTAMMENT A DES BANDITS. » lire la suite

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